Eugene MacCown
Surnommé "Coconotte" ou "Eugénie" par Crevel, cet Américain originaire de Kansas City (Missouri) débarque en France, au début des années 1920, avec 30 dollars en poche. Ses divers talents d'artiste (il est un temps pianiste de jazz au Boeuf-sur-le-toit) ainsi que son charme hollywoodien lui attirent la sympathie des Français. Très vite, donc, il se fait une place à Paris, où il mène une vie des plus mouvementées, fréquentant mondains et noctambules, et faisant de grands ravages parmi la population masculine. Peu de temps après son arrivée en France, MacCown décida de se consacrer à la peinture.
Il réalisa un portrait de Crevel pour l'édition originale de Détours, paru en 1924 :
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Dans La Mort difficile, Crevel a prêté à Arthur Bruggle les traits d'Eugene MacCown. Et le romancier de rendre compte, dans une lettre à Marcel Jouhandeau, de la réaction de son compagnon à la lecture du manuscrit : "Eugène a lu, et nous avons eu une conversation où j'ai vu toute la grandeur de cet être qui passe actuellement par une telle crise qu'il a déchiré cinq tableaux faits depuis son retour à Paris. Et ceux de cet été, il n'a pu les finir. Si j'avais assez de forces et si je n'essayais pas de me donner quelque illusion par un orgueil égoïste, je serais plus simple et meilleur avec lui. Et je lui ferais du bien comme il serait juste qu'il m'en fît, étant donné que c'est à lui que je dois mon inspiration, donc le meilleur, le plus exaltant de ma vie. [...] Monsieur Eugène veut être un grand artiste et il déchire ses toiles. Quelle tristesse."
MacCown regagna les Etats-Unis dans les années 1930 et s'installa à New-York. Plusieurs expositions lui furent consacrées, qui lui valurent, principalement auprès de ses nombreux amis et connaissances, un certain succès. On perd sa trace dans les années 1960.